Progresser au piano sans devoir y passer des heures, c’est le rêve de tout pianiste… Et c’est ce que propose Chuan C. Chang dans son livre avec le concept d’amélioration après la pratique. Voyons concrètement de quoi il parle…

 

Comment s’améliorer au piano

Dans son livre « Principes fondamentaux de la technique pianistique », Chuan C. Chang d’écrit deux types d’amélioration :

  • une amélioration directe qui résulte directement de votre pratique : apprentissage d’une nouvelle technique, exercices de lecture, etc…
  • une amélioration indirecte principalement constituée du développement de nouvelles connexions nerveuses ou du renforcement de celles déjà existantes.

Nous manquons évidemment d’études scientifiques pointues sur le sujet, mais sa position ne me paraît pas loufoque.

Lorsqu’un sportif s’entraîne, il ne gagne pas du muscle à la fin de l’entraînement. Cependant son corps va réagir dans les jours ou semaines suivant l’entraînement pour développer des muscles, en réponse au stress reçu lors de l’entraînement !

Pourquoi en serait-il autrement pour un pianiste ? La seule différence est qu’il s’agit de connexions nerveuses nous permettant des mouvements que nous ne développons pas autrement, et non pas de muscles.

 

Pratiquer mieux

Si l’on accepte ce type de progrès, alors on peut progresser davantage au piano en optimisant cette « amélioration indirecte ». Cela ne se fait pas en pratique plus, mais en pratiquant mieux.

C’est notre séance de travail qui va déterminer l’amélioration après la pratique (AAP) qui interviendra ensuite. Il est donc plus important de bien travailler que de passer beaucoup de temps au piano sans rien avancer vraiment.

Une remarque cependant : pour que l’AAP puisse avoir lieu, il est important de répéter un passage un certain nombre de fois qui devrait se situer autour d’une centaine. En dessous de cette limite il y a peu de chances qu’on développe de nouvelles connexions pour cette technique précise.

 

Quelques conseils

Voici quelques conseils pour vous aider à développer votre AAP :

  • Travaillez de petits passages : plus les passages sont courts, plus ils sont focalisés sur une technique précise, plus vite vous progresserez dans celle-ci.
  • Travaillez MS (mains séparées) : la technique s’acquiert MS car cela vous permet de vous concentrer sur le jeu sans devoir gérer la synchronisation en plus.
  • Travaillez plusieurs passages à chaque fois : il vaut mieux travailler 3 passages pendant  5 minutes chacun et répéter durant trois sessions que de travailler un seul exercice de 15 minutes par session. En effet, l’AAP marchera pour les trois !
  • Inutile de vous acharner : après un certain moment durant une session, vous aurez l’impression de ne quasi plus progresser pour un passage donné. Inutile de s’acharner : laissez l’AAP agir et revenez sur ce passage un peu plus tard (session suivante, lendemain, etc.).

 

S’il n’y avait qu’un seul conseil à retenir

Terminez vos sessions en jouant lentement.

Je sais que beaucoup se laissent tenter et jouent au tempo, voire à toute vitesse, pour « se faire plaisir » après le travail.

Cependant, la dernière fois que l’on joue a certainement l’impact le plus important sur l’AAP. Or jouer lentement nous oblige à faire attention aux rythmes, doigtés, positions… c’est parfait !

Essayez, et vous verrez que vous devriez être capable de jouer un morceau beaucoup mieux la prochaine fois si vous terminez votre séance par un jeu lent.

Il serait dommage de gâcher le potentiel d’une bonne séance en quelques minutes !