Comment trouver la gamme d’un morceau à partir des dièses et bémols ?

Pour un musicien, il est important de pouvoir faire le lien en les dièses et bémols à la clé (l’armure) d’un morceau (par exemple Ré Majeur) et la gamme, ou tonalité, du morceau. Ce n’est pas compliqué en soi mais beaucoup s’emmêlent les pinceaux pour trouver la gamme d’un morceau.

Il existe pourtant un « truc » très simple qui permet de trouver la réponse en quelques secondes.

Trouver la gamme d’un morceau

Si vous avez des dièses à la clé

C’est le cas le plus simple. Pour trouver la gamme, prenez le nom de la dernière note diésée. Augmentez d’un ton (deux touches) et vous trouverez alors la gamme majeure qui correspond à ces dièses ! Par exemple si vous avez 3 dièses (fa# do# sol#), la dernière note diésée est le sol, la tonalité correspondante est donc La Majeur. Et ça marche dans tous les cas !

Si vous avez des bémols à la clé

Ici vous devez prendre l’avant-dernière note AVEC le bémol. Et c’est tout, vous avez la gamme majeure pour ces bémols ! Par exemple si vous avez 5 bémols (sib, mib, lab, réb, solb), il s’agit de la gamme de Réb Majeur.

Vous remarquerez que cette méthode pose un problème : que faire lorsqu’on n’a qu’un seul bémol ? La technique donnée ne permet pas de retrouver la réponse, il faudra donc la retenir. Il existe plusieurs moyens pour la mémoriser, mais le plus simple est de retenir que 1 bémol = Fa Majeur.

Et les gammes mineures ?

Cette astuce ne donne que les gammes majeures, mais sachez qu’il existe un lien entre la gamme majeure et la gamme mineure qui possèdent les mêmes dièses/bémols. Pour passer de la majeure à la mineur, il suffit en effet de descendre d’une tierce de trois demi-tons. Pour dire cela plus simplement, il faut descendre de 3 touches sur le clavier.

Ainsi Mi Majeur et Do# mineur auront les mêmes dièses à la clef. On parle alors de tonalité relative : la tonalité mineure relative à Mi Majeur sera Do# mineur et inversement la tonalité majeure relative à Do# mineur sera Mi Majeur.

32 commentaires

  1. Snoopy

    Pour compléter cet article, précisons également qu’il existe un ordre dans les dièses et les bémols. L’ordre des dièses est systématiquement : fa – do – sol – ré – la – mi – si.
    L’ordre des bémols est l’inverse : si – mi – la – ré – sol – do – fa.

    Fnor, à ma connaissance, l’armure permet de trouver la gamme, mais pas la tonalité (majeur/mineur). Donc par exemple avec un dièse à la clé, on est soit en sol majeur, soit en mi mineur.

    As-tu un truc pour déterminer la tonalité ?

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    • Fnor

      A la base l’article était plus long et je parlais de l’ordre des dièses/bémols ainsi que de la tonalité, mais j’ai préféré couper l’article afin de ne pas surcharger le lecteur avec des notions de solfège.

      Pour te répondre, l’armure donne effectivement deux possibilités (la gamme majeure et la mineure), pour choisir la bonne il faut regarder la composition du morceau. Un morceau finit toujours sur l’accord de tonique (en position fondamentale pour les plus avancés), tu dois donc aller voir le dernier accord pour connaître précisément la tonalité.

  2. Lolette

    @Fnor
    Peux tu donner un exemple ? Je n’arrive pas à voir le rapport entre le fait que le dernier accord qui est tonique soit le déterminant de la tonalité..

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    • Fnor

      L’accord de tonique est défini par la tonalité. Si la tonalité est en ré majeur, l’accord de tonique sera ré majeur. Comme c’est une relation univoque, on peut faire l’inverse : si l’accord de tonique est ré majeur, alors la tonalité est ré majeur.

      En musique tonale, un morceau fini – à de rares exceptions près – sur l’accord de tonique, c’est pourquoi on peut déterminer la tonalité en regardant ce dernier accord.

      Ai-je répondu à tes questions ? :)

  3. Jean-Paul

    Bonjour,
    Parfait pour définir la tonalité d’une gamme mais pourquoi un morceau est de cette gamme majeure et non de la relative mineure. Tout ça pour savoir de quelle note partir à coup sûr pour une impro?
    Merci pour la réonse
    Jean-Paul

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  4. Fabrice

    L’accord final sur la tonique permet de déterminer si la gamme est majeure ou mineure.
    Dans l’exemple cité, cet accord de tonique sera un Ré majeur si la gamme est majeure,
    mais un Si mineur si on est dans la gamme mineure relative.

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  5. marie

    Quand on a plusieurs dièses ou bémols à la clé comment sait-on quelles notes sont diésées ou bémolées?

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    • Fnor

      Les altérations apparaissent sur la ligne qui est concernée par cette altération, il suffit donc de regarder sur quelles lignes sont les dièses/bémols.

      Cependant on peut aller encore plus vite puisque les dièses/bémols apparaissent toujours dans le même ordre, il suffit alors de les compter pour savoir quelles notes sont altérées.
      Pour les dièses : fa – do – sol – ré – la – mi -si.
      Pour les bémols : si – mi – la -ré – sol – do – fa (l’inverse de pour les dièses).

  6. lopez

    Bonjour

    Je voulais abonné fin de recevoir les derniers articles consacrés au piano.

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    • Fnor

      Il suffit de renseigner votre adresse email dans le cadre bleu, dans le menu à droite ;)

  7. Olivier

    Trés bon article, je débute dans le solfège et ces notions étaient encore obscure pour moi, merci à vous

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  8. chaton

    WAUW !!!! MERCI, MERCI,MERCI !!!! grace a toi je comprends le solfège dix fois mieux !! avant j’avais des 2 sur 10 et maintenant j’ai des 9 sur 10 !!!! mainteant le solfege s’est beaucoup moins l’enfer !!!! merci ! :)

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  9. André Moreau

    Pour ajouter à ces réponses, pour confirmer la tonalité entre deux gammes à la clé, ne peut-on pas aussi regarder la septième note sensible élevée de la gamme? Ex: En Sol majeur, si la première note sensible élevée est un Ré#, nous serions en Mi mineur. En Fa majeur, si c’est un Do#, nous sommes en Ré mineur etc.

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    • Fnor

      Cela implique de connaître beaucoup plus de théorie musicale et d’inspecter le morceau.

      C’est bien sûr possible, mais cela me semble beaucoup plus compliqué que de regarder l’accord final.

  10. 9 ans de solfège

    L’accord final n’est pas forcément un accord de tonique, puisque l’on peut avoir différentes cadences : ça ne marche qu’avec une cadence parfaite (V-I), imparfaite (V-I mais l’un des deux accords étant renversés) et la cadence plagale (IV-I). Pour la demi-cadence (n’importe quel degré-V) et la cadence rompue (V-n’importe quel degré sauf le I), ta technique ne marche pas.
    La technique à privilégier est donc celle d’André Moreau : « regarder la septième note sensible élevée de la gamme » s’il y a une sensible, la gamme est mineure, sinon elle est majeure.
    Voila ! J’espère avoir aidé

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  11. Anonyme

    Hum… Je suis presque d’accord (c’est le cas de le dire ^^) sauf que quand on a des dièzes à la clé, il faut prendre le dernier dièze, dans l’ordre des dièzes (Fa-do-sol-ré-la-mi-si) Exemple: fa# do# sol#, c’est le sol dièze, et il faut rajouter un DEMI ton. Car dans la gamme, Si-do et mi-fa; (si mes souvenirs sont bons) font un demi ton donc si on rajoute un ton à Si#, sa fait so#, qui n’est pas la tonalité. Et aussi j’ai une petite astuce pour le « 1 bémol = Fa Majeur. », on peut faire la même chose, on prend Fab et dans l’ordre des bémols (Si-mi-la-ré-sol-do-fa) qui est un cicle, Fab est avant le Sib; donc la tonalité est bien Fa majeure. Sinon, l’article est bien :D

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    • Fnor

      Je n’ai jamais parlé d’ajouter un ton, mais une note. Or au piano chaque note fait un demi-ton ;)

    • Fnor

      Deux notes enharmoniques sont deux notes nommées différement mais qui correspondent en pratique à la même hauteur (même vibration). Sur le piano on les repères aisément puisqu’il s’agit de la même touche, par exemple fa# et solb.

  12. Anys

    Oui bon aricle mais il vaut mieux dire « augmenter un ton » qu « augmenter une note » il faut penser aux demis ton naturels (mi->fa et Si->Do) donc de si a do ou mi a fa il y’a qu’un demi ton donc
    si augmenté d’un ton alors si = do#
    mi =fa #

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  13. Chris

    Bonjour,

    merci pour cet excellent site !
    Une petite question du débutant que je suis : comme se fait il que je ne retrouve pas toutes les gammes possibles à partir de l’armure ? Exemple : SOL# Majeur. Celà signifie t’il qu’il n’y a jamais de musique écrite dans cette gamme ?

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    • Fnor

      Sol# majeur correspond à Lab majeur, et traditionnellement on l’écrit plutôt comme cela.

  14. greg11

    Bonjour,

    Bravo pour votre site et merci pour cet excellent article très clair.
    Mais j’ai une question :
    Comment trouver la tonalité d’une simple mélodie (sans accords) en n’ayant connaissance que des notes utilisées, sans avoir la partition et donc l’armure (par exemple une mélodie composée de tête et reproduite au piano).

    Merci beaucoup pour votre aide.

    Répondre
    • Fnor

      On aura tendance à chanter une mélodie à la hauteur qui nous convient le mieux (différente pour chacun) et donc à transposer naturellement. Dans ce cas la tonalité dépendra de la transposition effectuée…

      Si on fixe les notes (et donc une tonalité) il faudra retrouver les accords pour retrouver cette tonalité. Une chose chose qui marche souvent (mais pas toujours) : regarder la dernière note de la mélodie et l’accord qui va avec. On revient souvent sur l’accord de tonique puisque c’est le plus stable :)

  15. Simon

    Bonjour, je me demandais, est ce que l’on pourrait rencontrer le cas de figure où il y aurait les 7 dièses à la clé ? Si oui, en quelle tonalité serions-nous ? merci de votre réponse !

    Répondre
    • Fnor

      Théoriquement, oui, on peut avoir 7 dièses à la clé. On serait alors en Do# majeur ou La# mineur.

      Cependant en pratique on préfère utiliser Réb majeur (ou sib mineur), qui n’utilise que 5 bémols, mais utilise en fait les mêmes notes (réb au lieu de do#, mais c’est la même touche sur le piano).

  16. Delphine

    bonjour,
    si je peux me permettre, pour les tonalités avec dièses, si j’utilise ton système, avec 6 dièses, le dernier étant Mi dièses, si je rajoute une note ça fait FA Majeur, ce qui est faux, en fa Majeur, il y a 1 bémol , la bonne réponse étant FA dièse Majeur.
    donc ça ne marche pas à tous les coups.

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    • Fnor

      En effet, j’ai voulu simplifier un peu en mettant « note » du coup ça ne marchait pas toujours. Il faut en fait ajouter un ton (deux touches puisque entre chaque touche il y a un demi-ton). Du coup ça marche pour 6 dièses (fa# majeur) et 7 dièses (do#majeur).
      J’ai modifié dans l’article, merci pour la remarque !

  17. wamozart

    @Snoopy
    Bonsoir,

    En effet, comme le mentionne Snoopy, l’armure permet de trouver la gamme, mais pas la tonalité (majeur/mineur). Pour trouver la tonalité, il est essentiel de regarder les 3 dernières mesures d’un morceau de musique. C’est ainsi que l’on trouve la tonalité.

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  18. ZeCoyote

    Super instructif et simplement expliqué.

    Question de profane : Y-a-t-il une raison historique ou pratique pour cette notation ? A quoi sert-elle ? Parce qu’en bon ingénieur, si c’est pour indiquer la tonalité ou la gamme, il y a des manières plus simple de l’indiquer non ?

    Répondre
    • Fnor

      Bonjour !

      De quelle notation parle-t-on ? Le fait d’utiliser des dièses et bémols, le fait de les mettre au début de la portée quand ils font partie de la tonalité, ou le fait de les mettre dans un certain ordre (fa do sol ré la mi si pour les dièses, l’inverse pour les bémols) ? Pour apporter des éléments de réponse :

      – Historiquement la notation musicale a évolué au cours du temps. C’est cependant la musique tonale qui a le plus influencé la notation qu’on utilise aujourd’hui. La musique tonale n’utilisait à l’origine que sept notes, et en sortait très rarement. Cela faisait donc du sens d’avoir sept notes de bases, et d’accéder au autres via des altérations.

      – Quand toutes les notes sont altérées (si on est en sol majeur, tous les fa seront dièses), il me semble pratique de l’indiquer une fois au début de la ligne plutôt que de le répéter. En général, quand on voit une altération sur une partition c’est justement parce qu’on sort des notes « normales » avec des altérations dites accidentelles. On en utiliser beaucoup de nos jours, mais elles étaient très rares au début.

      – On note les dièses (et bémols) dans un ordre précis car ils apparaissent toujours dans le même ordre. Si il y a un dièse, ce sera toujours sur le fa, si deux ce sera fa et do, etc. C’est dû à la façon dont sont construites les gammes (voir le cycle des quintes pour plus d’infos).

      J’espère que cela répond à tes questions :)

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