Études faciles et progressives pour débutant au piano – Burgmüller Op. 100

Si vous débutez au piano et recherchez des études assez simples qui vous permettraient de progresser, ce recueil d’études (avec partition gratuites) devrait faire votre bonheur !

Burgmüller et les études pour piano

Burgmüller est un pianiste et compositeur du 19ème siècle. Il est très connu des pianistes pour ses études au piano qui permettent de travailler certaines difficultés techniques tout en ayant une très belle mélodie ! Si vous avez déjà pris des cours, il est fort probable que l’ayez rencontré à un moment où un autre.

L’opus 100 est le plus simple des recueils d’études qu’il a écrit (suivent l’Op. 109, puis l’Op. 105). Il convient très bien aux pianistes ayant de quelques mois à quelques années de pratique. Je vous propose de jeter un œil aux études, puis on regardera les difficultés de chaque étude :)

Op. 100 : 25 études simples et progressives pour piano

Étant donné que les œuvres de Burgmüller font partie du domaine public, vous pouvez librement – et légalement – télécharger les partitions en cliquant sur le lien ci-dessous. Si vous préférez acheter une version plus propre et reliée, le recueil est disponible chez Amazon pour environ 7€.

La vidéo ci-dessous présente les 25 études avec une partition défilante. Vous pouvez sauter directement à une étude en particulier en utilisant l’index au début de la vidéo (ou les liens dans la description sur la page youtube).

Si vous voulez voir des personnes les jouer :

  • Playlist N°1 : belle interprétation sur piano à queue.
  • Playlist N°2 : meilleur angle de vue, mais le son est de moins bonne qualité.
  • Tutoriels en français : vidéos en français détaillant les études réalisées par le Cahier du Pianiste (études 1 à 6 au moment où j’écris ces lignes).

Difficulté des différentes études

Chaque étude cible généralement quelques difficultés techniques. C’est pour cette raison que les professeurs font souvent travailler ces études en préparation pour des morceaux plus imposants.

Vous trouverez ci-dessous une description des études et les principales techniques qu’elles abordent. Il s’agit d’une traduction libre d’un message du forum de PianoStreet écrit par Bernhard.

N° 1 – La Candeur en Do Majeur (C major)

En évitant l’utilisation du quatrième doigt (qui est toujours le plus compliqué à gérer), cette étude fournit de bonnes bases pour partir en confiance. En la jouant, le pianiste devrait développer son sens du rythme (accentuation sur le premier et troisième temps) et de l’interprétation, plus que de la technique pure (mécanique).

N°2 – L’Arabesque en La mineur (A minor)

Un des favoris de nombreuses personnes, cette pièce travaille la vitesse. Très bonne pour la pratique des gammes, elle aide à développer l’égalité du jeu et les articulations en jouant 1,2,3,4,5 à la main droite, comme à la main gauche.

N° 3 – La Pastorale en Sol Majeur (G major)

Ce morceau apprendra au pianiste à faire « chanter » la mélodie. Le doigté doit être respecté scrupuleusement, aussi l’étudiant apprendra l’importance d’un doigté bien fixé. Il y a des fioritures et des notes répétées – bien que ce ne soit pas nécessaire, c’est une bonne opportunité pour apprendre à changer les doigts sur une même note et les raisons pourquoi on le fait.

N° 4 – La Petite Réunion en Do Majeur (C major)

Très bonne étude pour apprendre à développer l’expression de son jeu, puisque c’est clairement un morceau « programmé ». Dans les six premières mesures, la main gauche invite les gens à la fête alors que la main droite rassemble les invités. À la septième mesure la partie commence ; une conversation se développe : la main gauche parle et la main droite répond, et vice-versa. La fête continue jusqu’à la mesure 27 où l’on revient à l’atmosphère du début.

Techniquement, cette étude travaille les gammes en tierces, et la capacité à jouer deux notes en rythme et au même volume. C’est aussi une bonne occasion d’apprendre à jouer les gammes en déplaçant la main plutôt que de passer le pouce par en-dessous, et d’éviter les déplacements inutiles des doigts.

N° 5 Innocence en Fa Majeur (F major)

Un autre favori. Excellent pour pratiquer les gammes (mains séparées) – principalement les gammes descendantes, mais il y a aussi une gamme ascendante. Très bon aussi pour travailler une main accentuée (la droite) pendant que l’autre est effacée (la gauche).

N° 6 – Progrès en Do Majeur (C major)

Pratique des gammes les mains ensemble. Cela aidera à développer un jeu pointé égal. À partir de la neuvième mesure, il y a des accents et liaisons inhabituels. C’est une très bonne étude pour apprendre à former et phraser un passage avec des changements dans l’articulation.

N° 7 – Le Courant limpide en Sol Majeur (G major)

La difficulté technique de cette étude est de réussir à faire des arpèges fluides tout en accentuant certaines notes pour faire ressortir la mélodie.

N° 8 – La Gracieuse en Fa Majeur (F major)

Une étude pleine d’embellissements. Bonne préparation pour l’invention à deux voix n°14 de Bach, puisque les motifs sont similaires. Cela apprendra au piano à jouer les fioritures de façon claire et égale. Différents doigtés sont possibles donc c’est une bonne occasion pour discuter des principes du doigté.

Certaines notes sont accentuées donc c’est également un bon morceau pour développer les accents avec une main pendant que l’autre reste effacée.  Ce morceau demande de l’agilité et de la douceur dans le toucher.

N° 9 – La chasse en Do Majeur (C major)

Bien qu’elle contienne des sauts d’octave, cette étude n’est pas un problème pour les petites mains – mais elles devront être précises. Un autre morceau « programmé » avec de belles opportunités pour développer l’expression de son jeu.

Le morceau commence avec des sons de sifflets de chasses approchant, les chevaux commencent à trotter, les chiens aussi commencent à trotter, les sifflets reviennent plus fort et tout finit par disparaître au loin.

N° 10 – Tendre Fleur en Ré Majeur (D major)

Bonne étude pour développer une mélodie douce et fluide. Elle enseigne la délicatesse du toucher et de l’équilibre dans la conversation entre les mains.

N° 11 – La Bergeronnette en Do Majeur (C major)

C’est un morceau d’imitation, avec de nombreux sons d’oiseaux chantant (joué avec des arpèges). Une fois encore, bonne étude pour développer l’expression de son jeu puisque la pièce décrit un oiseau volant.

Les principales difficultés techniques sont les arpèges et le contrôle du volume.

N° 12 – L’adieu en La mineur (A minor)

Techniquement, cette pièce aborde des triolets très rapides et égaux avec une articulation claire. Comme pour tous les morceaux de cette collection, il vise à développer la capacité de l’étudiant à exprimer toute sorte d’émotions, dans ce cas l’agitation (en particulier la détresse au départ d’un ami ici – proche du désespoir). La pièce module en do majeur au milieu, devenant plus douce et lyrique : c’est la consolation ; puis elle revient en la mineur : tristesse à nouveau.

Cela donne une très bonne occasion pour discuter les modulations et illustrer les relations entre tonalités.

À la coda, le morceau commence à s’évanouir : résignation. L’accent sur la dernière note est important : il note la résolution à dissiper cette tristesse.

N° 13 – Consolation en Do Majeur (C major)

Excellente œuvre pour apprendre à séparer la mélodie de l’accompagnement joué par la même main. C’est le type de technique requis pour jouer la plupart du répertoire romantique (en particulier Schumann et Mendelssohn). Cela permet aussi à l’étudiant d’expérimenter les différentes façons d’accentuer les notes (jouer plus fort, allonger la durée et de petits déplacements des mains gauches et droites).
Dans les mesures 1 à 5, les rondes devraient être accentuées (et tenues !) pendant que les croches sont jouées en accompagnement. C’est l’une des compétences les plus importantes qu’un pianiste peut apprendre. À partir de la mesure 6, la mélodie se retrouve dans l’accompagnement, tantôt à la main gauche tantôt à la main droite, demandant une indépendance des doigts pour arriver à rendre correctement la ligne mélodique au-dessus d’un son de « brume ».

Étude très utile pour l’équilibre du son. Aussi l’une des plus belles études, elle peut facilement être jouée aux premiers récitals.

N° 14 – La Styrienne en Sol Majeur (G major)

Cette pièce est une valse. Le pianiste aura l’opportunité d’apprendre le rythme d’une valse (qui n’est jamais exactement tel qu’il est noté) et d’apprendre l’importance d’accentuer les temps dans une mesure (Om – pom – pom), ce qui est très important pour interpréter des danses.

Bonne étude aussi pour apprendre à distinguer legato et staccato. C’est aussi une pièce rapide, donc travaillera donc la vitesse.

N° 15 – Ballade en Do Majeur (C minor)

Une ballade est simplement une histoire racontée en musique. Du coup, la question importante pour le pianiste est ici « Quelle histoire raconter ? Et comment la raconter ? ». Bien sûr il n’y a pas de réponse correcte, et à mesure que l’étude progresse, de plus en plus d’options d’interprétations sont disponibles. C’est une bonne étude pour expérimenter différentes façons de jouer, toutes aussi correctes les une que les autres.

Techniquement, c’est une bonne œuvre pour étudier le jeu en accord. La mélodie change de main, donc les deux travaillent l’accentuation de la mélodie et le travail des accords.

N° 16 – Douce Plainte en Sol Majeur (G minor)

Bonne pour l’expression musicale dans des morceaux tristes. En particulier au piano, le principal défi est d’être capable d’accentuer des notes dans un contexte doux, de sorte que les notes accentuées ne sonnent pas trop fort.

N° 17 – La Babillarde en Fa Majeur (F major)

Cette étude apprend à jouer une main liée  (la main droite) et l’autre pointée (la gauche). Les sauts dans les mesures 1 à 6 aident à pratiquer la précision. Elle aidera à apprendre à négocier les changements de doigts sur les notes répétées aux mains gauche et droite.

N° 18 – Inquiétude en Mi mineur (E minor)

Une autre étude pour pratiquer le jeu lié à la main droite et pointé à gauche. La main gauche doit être jouée avec un rythme très régulier pendant que la main droite peut y aller beaucoup plus librement.

N° 19 – Ave Maria en La Majeur (A major)

Il faut traiter les seize premières mesures comme une pièce polyphonique à quatre voix. Très bonne étude pour montrer comment approcher ce genre de motifs de chorale (diviser les quatre voix en quatre lignes mélodiques et les pratiquer séparément). On peut faire ressortir différentes mélodies selon les notes qu’on accentue. Il y beaucoup de place pour expérimenter sur cette œuvre.

N° 20 – La Tarentelle en Ré mineur (D minor)

Très bonne pour le rythmes et l’accentuation des temps forts (comme toutes les danses). Une bonne opportunité aussi pour discuter des signatures (6/8 = 2 temps par mesure, pourquoi?). Bon morceau aussi pour jouer les acciaccaturas (notes rapides) à la bonne vitesse.

N° 21 – L’Harmonie des Anges en Sol Majeur (G major)

Excellente étude pour les arpèges sur une large partie du clavier, en changeant de main. Le but est bien sûr de produire un son si fluide et égal que si l’auditeur fermait ses yeux, il ne pourrait pas dire quelle main joue quoi.

Très bonne opportunité pour discuter de quand utiliser les accents uniquement sur le premier temps (mesures 1 et 2) et quand sur tous les temps (mesures 3-4). Une autre étude adaptée pour les premiers récitals.

N° 22 – Barcarolle en La bémol Majeur (A-flat major)

Excellente introduction aux « chants de bateaux » qui peut facilement conduire à ceux qu’a écrit Mendelssohn et, de là, à ceux plus difficiles de Faure. C’est encore une fois une opportunité pour discuter les signatures de temps, et si l’étudiant a appris la tarentelle ci-dessus, une bonne comparaison montrant que la même signature peut convenir à des pièces très différentes. Le défi principal est d’exprimer le faible tangage du bateau.

N° 23 – Le Retour en Mi bémol Majeur (E-flat major)

Le défi technique est ici les accords. Les deux mains doivent absolument jouer ensemble si l’on veut produire un son riche. Un autre défi est d’amener la mélodie (les notes supérieures), tout cela à plein vitesse. Très bonne opportunité pour identifier les accords et les progressions d’accords.

N° 24 – L’Hirondelle en Sol Majeur (G major)

Un autre très bon morceau pour les premières représentations. Avec tous les croisements des mains, il semble spectaculaire.

En plus d’apprendre la précision dans le croisement des mains, cette pièce aide aussi à développer la mélodie (la main gauche croisant au-dessus des arpèges effacés de la main droite).

Comme pour toutes les pièces dans cet opus, la technique est juste l’un des aspects. L’autre est d’évoquer le vol de l’hirondelle.

N° 25 – La Chevaleresque en Do Majeur (C major)

En tant que dernière étude dans cette collection, elle revoit tout ce que l’étudiant a appris jusqu’ici.