Pourquoi apprendre un morceau du début à la fin peut ralentir vos progrès…

De nombreux pianistes apprennent un morceau mesure par mesure, du début à la fin. C’est la méthode la plus logique puisqu’on joue un morceau du début à la fin.

Cependant, quand on y regarde d’un peu plus près, cette méthode a de gros problèmes… Mais j’ai une solution ;)

 

Réfléchissons un peu…

Apprendre le piano plus rapidement

Apprenez plus rapidement !

Imaginez que vous appreniez un morceau de dix mesures. Comme il n’est pas trop compliqué, jouer une mesure 5 fois vous suffit pour la maîtriser.

Vous allez donc jouer la première mesure 5 fois. Ensuite vous la rejouerez et vous ajouterez la deuxième mesure. Après 5 répétitions c’est bon, vous passez à la troisième, etc.

Si on y réfléchit, à la fin du morceau vous aurez joué 50 fois la première mesure, et seulement 5 fois la dernière. Ca vous paraît normal ?

Et en réalité c’est encore pire ! Imaginons qu’il y ait de grosses difficultés à la mesure 5. Vous aurez besoin de 50 répétitions pour la maîtriser. Du coup vous jouerez encore plus le début du morceau par rapport à la fin !

 

Où est le mal ?

Il y a deux énormes problèmes avec cette méthode consistant à apprendre un morceau petit à petit en rajoutant les mesures une à une :

  • Vous jouez beaucoup plus le début que la fin. Evidemment vous êtes censé maîtriser le morceau même si vous avez moins joué la fin. Mais sous pression, si vous devez jouer devant quelqu’un, où pensez-vous qu’il y aura un problème : dans les mesures jouées des centaines de fois, ou celles répétées quelques dizaines de fois seulement ?
  • Vous passez votre temps à rejouer des mesures que vous maîtrisez déjà avant d’arriver aux nouvelles mesures à apprendre. Pour la plupart des adultes le temps disponible pour le piano est très limité. Pourquoi le gâcher à revoir des choses déjà apprises plutôt que d’en découvrir de nouvelles ?

Et pour en rajouter une couche, beaucoup de pianistes recommencent dès le début s’il y a une faute ! Cela ne fait qu’empirer ces deux problèmes.

Progresser plus rapidement au piano en ne perdant plus de temps !

En évitant de répéter ce que vous maîtriser déjà vous pourrez progresser plus rapidement !

 

Ok, mais comment faire alors ?

C’est simple : travailler par partie. Le concept est très simple : vous diviser le morceaux en plusieurs parties que vous apprendrez séparément.

De cette façon vous ne consacrez à chaque partie que le temps vraiment nécessaire à l’apprendre. Une fois maîtrisée vous passer à autre chose, vous ne perdez pas votre temps à la répéter (ça vaut évidemment pour les répétitions dans la partition). Cependant il faut vraiment penser par parties, vous ne devez rien jouer avant, et rien après non plus.

La longueur des parties dépendra de vous et de la difficulté du morceau. Plus c’est facile, plus vous pourrez faire des parties longues. Je vous conseillerais un maximum de quatre mesures, et pas de minimum : diviser tant que vous trouvez une partie difficile.

Plus une partie est petite, plus vous pourrez la répéter un grand nombre de fois en peu de temps, ce qui devrait améliorer votre technique.

Vous travaillerez ces parties comme vous le faites normalement : mains séparées, mains ensembles, ajouter la pédale, …

 

L’ingrédient secret

J’en ai déjà parlé, le secret pour un travail par partie efficace est d’ajouter la première note de la partie suivante.

Je vous laisse lire l’article mais l’idée est très simple : cette note vous servira de « crochet » pour lier les parties entre elles. On limite ainsi les risques de trous noirs en oubliant ce qui vient après une certaine partie ;)

 

Doit-on jouer le morceau dans le désordre ?

Vous aurez peut-être déjà vu des personnes vous conseillant de jouer le morceau dans le désordre, en commençant par le plus difficile pour garder le facile à la fin.

Ce n’est pas ce que je conseille ici, ça va beaucoup plus loin que le travail par partie. L’idée a plusieurs arguments en sa faveur, mais je comprends que cela peut rebuter beaucoup de pianistes. On y reviendra une autre fois.

Cet article vous conseille de travailler par partie, mais vous pouvez très bien apprendre les parties dans l’ordre. L’important est de ne pas rejouer tout ce qui vient avant la partie étudiée afin de ne pas perdre son temps ;)

27 commentaires

  1. addic7ed

    Bonsoir, merci pour cet article, moi qui apprend tout du début à la fin je me sens bête en face de cette méthode qui en y pensant vaut bien le détour, il est bien vrai que je maitrise toujours mieux le début et ceux même ou les parties les plus difficiles s’y trouvent, bref merci à vous =p

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  2. norie

    très intéressant.
    j’ai hâte que tu développes pour le « ne pas commencer par les parties difficiles ».
    c’est ce que j’ai lu pourtant.

    bon faut que j’applique ça! travailler par partie.

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  3. M.Y junior

    Si vous êtes 2 contre 1 alors…j’abandonne le Tiercé dans l’ordre

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  4. Cédric C

    Bonjour Fnor et à tous les lecteurs,

    Merci pour votre article qui comme d’habitude est plein de bon sens ;-)

    J’ajouterai simplement qu’au-delà le l’aspect technique (mémoire
    mécanique et visuelle), il est important de « chanter ».

    >> Entendre en musique, ça veut dire être capable de chanter ce que l’on
    joue ou que l’on joue bien ce que l’on entend. Autrement, c’est comme
    apprendre à parler avec des mots plus ou moins compliqués sans
    comprendre ce qu’ils veulent dire. Dans ces conditions, l’apprentissage
    est laborieux et fini tôt ou tard par décourager l’apprenti pianiste.

    Mon humble conseil :

    Commencez par chanter les mesures que vous souhaitez jouer.
    En les chantant, vous allez assez naturellement vous rendre compte
    des groupes de mesures qui forment une boucle logique (phrases
    plus ou moins longues).

    Le fait de chanter permet aussi de prendre conscience des sons
    et des rythmes qui composent votre séquence en les audiolisant
    (mémoire auditive = écoute = développement de l’oreille relative
    et absolue).

    Votre voix est directement liée à votre cerveau, c’est l’instrument
    de musique le plus naturel que vous possédez… Utilisez-le !!

    Et en plus, ça fonctionne même sous la douche ;-)

    Chanter ce que vous jouez, va vous permettre de mémoriser
    plus facilement les quelques mesures que vous voulez apprendre
    et vous sentirez rapidement la différence dans votre jeu.

    Posez-vous cette question avant de produire un son sur votre
    clavier… Etes-vous capable de chanter ce que vous jouez ?

    Sur ce, je vous souhaite tout le bonheur du monde…
    En musique bien sûr :-)

    Bien amicalement,

    Cédric C

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  5. perdita

    Merci pour ces bons conseils. Mon prof de piano me recommande cette façon de procéder aussi. Amitiés

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  6. Rhodane 83

    @Cédric C
    Merci Fnor.

    Merci pour tes bons conseils, que mes deux profs (classique et Jazz) me rappellent souvent,
    mais, depuis 7 ans, maintenant, j’ai perdu ma tessiture et lorsque j’essaie de changer ne serait-ce que 8 octaves, c’est la cata…J’essaie de pratiquer la respiration abdominale et d’y intégrer la voix…. mais c’est très très laborieux.

    Mais tu as raison, en ce sens, car qu quotidien, je constate combien cela me manque, j’ai l’impression de diminuer mon oreille musicale, donc je dois travailler encore plus afin de combler. Je finirai peut-être par prendre quelques cours de chant, mais là, c’est une question de disponibilité….

    En tous cas, je n’ai pas perdu mon temps ce matin sur ce site car Hp et toi m’avez remotivée, je vais, arrêter de reprendre systématiquement depuis le début et surtout chanter les octaves pour commencer !

    Bonne journée.

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  7. caro

    Très bon conseil et quel gain de temps.
    A appliquer sans modération.
    Merci pour tous tes bons articles.
    Caro

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  8. Papynova

    Bonjour à Toutes et Tous,
    Bonne idée ! Je n’osais pas le faire tout en me rendant bien compte de cette anomalie de jouer toujours de début avant de revenir sur la zone délicate.
    C’est ma femme qui va être contente !

    Je mets en application, merci Fnor pour tous ces/ses bons conseils.

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  9. maimiemairy

    Merci beaucoup pour ces précieux conseils, qui tombent sous le sens… mais qui ne nous viennent pas à l’idée immédiatement.
    Je vais « de ces notes » le mettre en pratique. Merci encore, les petits ruisseaux font les grandes rivières » du savoir…. »

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  10. Clochette

    La méthode est effectivement très efficace et moins rebutante ! Chanter est aussi très important pour sentir les phrases et les respirations. Cela permet aussi de couper les parties aux bons endroits
    Un petit plus pour renforcer le travail : chanter une voix (une main) en jouant l’autre. Cela peut sembler un peu difficile au début mais ensuite cela se fait plus facilement. Si la main gauche n’est qu’accompagnatrice alors c’est bien de la jouer en chantant la main droite
    Bien amicalement
    Clochette

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  11. dosolfa

    Le conseil de Fnor + le commentaire de Cédric = Excellent idée
    Merci à tous

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  12. abach22

    Bravo comme d’habitude un conseil plein de bon sens moi qui apprends des morceaux de plus en plus longs et qui va donc répéter des centaines de fois les premières mesures. J’avais ce problème depuis longtemps et je n’en avais pas parlé à mon professeur depuis longtemps, il s’étonnait souvent de me voir hésiter vers les dernières mesures. Maintenant je le sais et je vais adapter ma méthode de travail à ce conseil.

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  13. Merlin

    Hello,

    C’est un vieux débat, assez polémique. Mais, comme disait Richter dans un film de Monsaigeon: « Comment je fais pour apprendre une pièce? C’est simple j’apprends la première page, et quand je sais la jouer, je passe à la deuxième …etc… »
    Ce que je crois au fond? C’est ce que disait Alain: « il n’y a pas de méthode. L’important, c’est de s’y mettre ».
    Amitiés,
    Merlin

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    • Fnor

      Mais il ne dit pas rejouer la première page à chaque fois :)

  14. Zigwad

    Fnor, merci pour ce conseil, car je faisais effectivement ce qu’il ne fallait pas faire –> répéter et répéter plusieurs fois la partie de la partition que je connaissais avant d’ajouter une autre — ou quelques autres — mesures.

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  15. Sylviane

    Bravo pour tous ces conseils, je m’apprête à commencer une méthode de piano, ça va bien me servir, merci!

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  16. Laufer

    Tous les conseils sont bon à prendre et à expérimenter. C’est l’usager qui a le dernier mot.
    C’est vrais que cela semble naturel qu’il faut apprendre ce que l’on ne maîtrise pas. Pourtant le conseil donné ici n’est pas sans intérêt, loin s’en faut. En effet, lorsque nous commençons un morceau, quoi de plus naturel que de commencer par le début. C’est justement la partie que l’on connait le mieux. Qu’en est-il du reste? D’où nécessité de s’attarder sur des passages rebelles. Bien vu Fnor!

    Une idée reçu: tous s’accordent à dire, sauf moi, qu’il ne faut pas passer à la leçon suivante tant que l’on ne maîtrise pas celle-ci! Eh bien je peut vous affirmer que moi je ne m’y tiens pas du tout et je progresse très bien. C’est comme ça que j’arrive comprendre beaucoup de choses que auparavant je ne comprenais pas du tout. Je ne hésite pas laisser tomber une leçon ou un passage qui me pose de problèmes et d’y revenir lorsque les choses s’éclaircissent dans mon esprit. Il y a des choses que j’ai compris des mois plus tard, ce qui ne m’a pas bloqué dans mon travail. Et puis qui est-ce qui nous garantie que une méthode est parfaite et une autre est mauvaise? Pour moi, seul le résultat compte. Moi je n’aime pas rester bloqué devant une porte ouverte!

    Musicalement

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  17. Philippe

    En effet il fallait y penser !!
    Je vais reprendre + facilement mes partitions.
    Merci

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  18. Prof de piano

    Ces conseils sont excellents.
    Mes profs du conservatoire m’ont toujours appris comme cela, et c’est ce qui m’a permis de progresser de façon spectaculaire et de devenir prof de piano.
    Les bons profs de piano donnent toujours ces conseils pour travailler méthodiquement, et donc progresser très vite.

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  19. Romissi

    Très bonne méthode en effet qui permet d’affronter et de se concentrer sur chaque difficulté en douceur, et non de reprendre le morceau à chaque fois du début en se disant à l’approche de la difficulté « ça va passer, ça va passer… et non ça ne passe pas… je recommence… ». Un peu comme pour une excursion en montagne: on évite d’avoir l’oeil fixé sur le sommet à atteindre pour ne pas se décourager, mais on avance par étapes: la sortie de la forêt de hêtres, la cabane du berger, la dernière source, le col aux quatre vents, enfin la dernière montée dans la pierraille avant la conquête des cimes.
    C’est une bonne méthode mais aussi une discipline à acquérir, qui aide à vaincre la paresse ou le manque de courage à prendre le taureau par les cornes et non à tourner autour pendant des heures.
    Un grand MERCI pour vos conseils et votre site (Fnor) et pour vos commentaires à tous. J’y trouve des renseignements, des encouragements et la présence enrichissante de « condisciples », seule lacune des leçons privées de piano.

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  20. Katouchka

    Merci Fnor,

    j’ajouterai juste une chose : travailler de cette façon toutes les parties, même celles qui semblent faciles.
    Pour avoir négligé ce détail, je cafouille sur la dernière mesure d’un morceau qui me semblait si facile par rapport au reste que je l’ai négligée. Et du coup l’enchainement avec la mesure précédente manque de fluidité.

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  21. ChiVaSano

    Bonjour, et un double merci à Fnor et ce site :
    – le 1er pour cet excellent conseil qui clarifie et allège beaucoup le travail du débutant que je suis,
    – le 2nd pour les commentaires qu’il suscite,
    du « C’est ma femme qui va apprécier » auquel je souscrit :o),
    à l’idée de ne pas se bloquer sur les passages difficiles (on peut apprendre une langue en quelques semaines, en relisant 5 fois un polar facile, genre Agatha Christie (traduite partout), d’abord sans rien comprendre du tout, puis des mots, puis des idées, des expressions, des phrases…),
    à celle de chanter (on ne dit plus ‘solfier ?’) la mélodie (par contre, c’est ma femme qui ne vas pas apprécier du tout !), et je voudrais juste ajouter « dès le 1er déchiffrage ».
    Je ne comprenais pas bien pourquoi mon prof me faisait toujours jouer chaque nouveau morceau du début jusqu’à la fin, alors que j’en étais juste à déchiffrer, note par note comme un môme qui balbutie des ‘ba be bi bo bu’, alors que je n’avais pas encore ‘digéré’ ne serait-ce que la première ligne.
    Cet article confirme pour moi l’intérêt d’aller, dès le tout début, jusqu’au bout, ce qui permet de repérer tout de suite les passages les plus difficiles (ça freine carrément), et, au bout de quelques lectures à peine, avoir une vue d’ensemble du morceau. Même floue, c’est déjà ça.

    Ciao.

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