Principes fondamentaux du travail du piano, par Chuan Chang

Durant mes heures perdues sur internet à le recherche d’informations utiles, je suis une fois tombé sur un ouvrage qui a attiré mon attention : Fundamentals of Piano Practice (en) de Chuan Chang.

Il s’agit d’un ouvrage théorique traitant de la façon dont nous pratiquons notre instrument, des bonnes et des mauvaises habitudes que l’on peut avoir.

Vous pouvez trouver une traduction française du livre, cependant elle n’est disponible que sur le site internet et vous ne pourrez donc pas la télécharger (attention, si votre navigateur vous averti qu’il s’agit d’un site présentant un danger accepter quand même d’y accéder : le site est inoffensif mais les navigateurs n’aiment pas les noms de domaines gratuits tels que .fr.tc).

Le but de Chuan Chang

Pour lui, nous pouvons tous atteindre un très bon niveau de jeu si nous appliquons la bonne méthode. Et concernant cette bonne méthode, il n’y va pas par quatre chemin pour définir ce qui est bon ou pas, voyez par vous-même !

Beaucoup d’étudiants emploient la routine de travail suivante

  1. en premier, les gammes ou les exercices techniques jusqu’à ce que les doigts soient assouplis. Continuer pendant 30 minutes ou plus, selon le temps, pour améliorer la technique, particulièrement en employant des exercices comme ceux du Hanon.
  2. prendre alors un nouveau morceau de musique et le lire lentement pendant une page ou deux, en jouant soigneusement les deux mains ensembles, à partir du début. Ce jeu lent est répété jusqu’à ce qu’il puisse être raisonnablement bien exécuté et alors il est graduellement accéléré jusqu’à ce que la vitesse finale soit atteinte. Un métronome pourrait être utilisé pour cette accélération progressive.
  3. aprés deux heures d’un tel travail, les doigts volent, ainsi les étudiants peuvent jouer aussi rapidement qu’ils veulent et apprécient l’expérience avant de s’arrêter. Après tout, ils sont fatigués de ce type de travail et aspirent à se détendre, ils jouent donc de tout leur coeur à pleine vitesse ; c’est l’heure d’apprécier la musique!
  4. le jour du récital ou de la leçon, ils travaillent le morceau à la vitesse correcte (ou plus rapidement !) autant de fois que possible afin de s’assurer qu’ils le connaissent bien et pour le maintenir au plus haut niveau possible. C’est la dernière chance ; évidemment, plus ils travaillent, mieux ce sera.

CHAQUE ÉTAPE DE CE PROCÉDÉ EST ERRONÉE ! La méthode ci-dessus garanti presque que les étudiants ne progresseront pas au delà du niveau intermédiaire même si ils travaillent plusieurs heures quotidiennes.

Pour lui, une bonne méthode d’apprentissage du piano relève simplement de quelques bonnes pratiques. Le problème est que ces « bonnes pratiques » sont souvent contre-intuitives et donc très peu utilisées.

Il ajoute que la plupart du savoir se transmet oralement, du professeur à l’élève. Votre professeur vous transmet donc principalement ce qu’il a lui-même appris de son professeur, et ainsi de suite. Si personne dans cette « lignée » n’a eu assez de génie pour découvrir ces « trucs », alors vous ne les connaîtrez pas et ne pourrez pas les appliquer. Mais c’est là que son livre intervient !

Et qu’est-ce qu’il dit ?

Dans son livre, il nous présente diverses façons d’utiliser à bon escient le temps que nous passons devant notre instrument. Le livre étant assez long (270 pages !) et, avouons-le, parfois indigeste car fort théorique, cela en découragera sans doute plus d’un.

Heureusement, c’est là que j’interviens ! Dans une série d’articles « Principes fondamentaux de Chuan C. Chang », je vous exposerai sa méthode ainsi que mes commentaires vis-à-vis de celle-ci. Ben oui, on ne peut pas toujours être d’accord !

10 commentaires

  1. Quadehar

    Effectivement, cette série d’articles peut être vraiment intéressante !

    Pour ma part, au niveau de l’apprentissage d’un morceau, je commence toujours les mains séparées. Puis, j’alterne mains séparées et mains ensembles pour bien fixer le tout et enchaîner de façon fluide, en travaillant plus les morceaux qui posent problème, soit au niveau technique, soit au niveau enchaînement.

    Au niveau de la vitesse, je commence toujours à un tempo bas, puis j’augmente progressivement quand ca devient fluide. Sachant que je passe à un tempo supérieur au normal surtout sur des très petits passages que je dois travailler.

    Ca c’est vraiment les séances où je décide de travailler vraiment les morceaux, après je fais des séances juste « je m’amuse avec mon piano », et là ben je peux jouer les morceaux en cours d’apprentissage à n’importe quelle vitesse, je varie, je fais « joujou » quoi xD

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  2. Seifer

    Merci pour ce blog, celà semble très intéressant et j’ai hâte d’en lire d’avantage !

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  3. AlainT

    Première visite sur ce site prometteur, découvert depuis « forum-piano.org ».
    Pour ce qui est du livre de Chang, il a été mon livre de chevet dès mes débuts au piano, il y a 4 ans.
    Il expose des concepts remarquables comme la notion d’agrégat, qui permet d’accélérer l’apprentissage de passages délicats et, d’une manière générale, sont présentées des méthodes de travail très efficaces. Dommage que la prose de l’auteur soit plutôt lourde, faite de développements à n’en plus finir.
    Pour moi, ce livre est extrêmement utile (en complément du prof, bien sûr).

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  4. Luc

    Bonjour,
    Je suis senior (pour situer mon profil…) dans ma quatrième année de piano. J’ai un professeur (de conservatoire régional) dont je partage les séances avec trois autres et dont la formation est axée plutôt sur l’exécution. Il nous apporte beaucoup.
    J’avais en parallèle une jeune prof particulière qui m’a beaucoup appris pour la lecture des notes, le solfège et -très important- l’exécution des rythmes. Je me sens donc suffisamment armé pour affronter les partitions de mon niveau.
    Cependant, ce qui me manquait, c’est la rapidité d’apprentissage de partitions nouvelles (« déchiffrage »), quand je suis tombé, en cherchant quand même, sur le site de CHANG !
    J’ai lu et relu surtout le Chap I : TECHNIQUE DU PIANO. (L’intro et la préface sont aussi intéressantes et courtes à lire…). Comme il y a plus de cent pages et que la traduction et les redites ne sont pas terribles, je suis en train de me faire un digest pour bien ancrer les concepts à retenir.
    J’ai expérimenté sa méthode depuis le début Janvier 2013 sur deux partitions que j’avais déjà commencé à décrypter et il semblerait que j’ai gagné en temps d’étude grâce à cette méthode. Je n’en conclurai qu’elle est vraiment très efficace que lorsque j’aurai étudié, disons encore quatre ou cinq oeuvres nouvelles…
    Je suis parti du principe que, de toute façon, JE N’AVAIS RIEN A PERDRE et que les raisons qu’il donne pour chaque approche, paraissent tout à fait rationnelles… De plus, a priori, travailler mains séparées me convient nettement mieux que mains ensemble pour les premières études d’une pièce nouvelle !
    Les « jeunes » musiciens, et les pianistes en particulier, savent bien que c’est un travail énorme quant à la somme de compétences qu’il faut mettre en oeuvre, pour lire, exécuter, suivre le rythme, ne pas regarder ses mains, et ce pour MG et MD. On a beau aller lentement, décomposer, il faut un gros travail pour y arriver. Bref, ce ce que j’ai retenu et que je commence à appliquer, ce sont les concepts suivants, tout en sachant que la lecture de son ouvrage couvre davantage d’aspects :
    – commencer par identifier les parties les plus difficiles de la pièce !
    – jouer MD, puis MG séparément (concept absolument FONDAMENTAL);
    – pour ne pas fatiguer les mains, alterner fréquemment (toutes les 10 à 30 s)
    – ne choisir que quelques suites de notes à la fois, et les répéter en boucle (jusqu’à 100 fois ou plus dans une séance);
    – dans chaque boucle, introduire une note finale qui permet de reprendre facilement le début;
    – quand on commence à maîtriser, pour chaque boucle également, penser à la suite par une ou deux notes finales qui vont permettre de poursuivre la partition;
    – on peut tenter de jouer ME (mains ensemble), mais si ça ne marche pas bien, ce n’est pas grave, il ne faut pas s’obstiner outre mesure, ça viendra avec le temps;
    – quand la séquence touche à sa fin, on rejoue très lentement MS (mains séparées), ce qui d’après lui, renforce la mémorisation (qui elle aussi est FONDAMENTALE dans le processus de jeu).
    – quand la séance est terminée, on oublie tout. C’est paradoxalement cette phase d’oubli qui va renforcer la mémoire, sachant qu’à la séance suivante (jamais le jour même), on va recommencer le cycle comme si la pièce était toute neuve pour nous, et que cet oubli-réapprentissage va nous être très bénéfique;
    Il va de soi que la lecture détaillée de l’ouvrage de CHANG permet de comprendre pourquoi il est mieux d’agir comme cela pour chaque concept développé ci-dessus.
    A cela, j’ai personnellement rajouté :
    – Pour l’étude d’une nouvelle pièce, et à chaque fois que je l’aborde, avant de commencer à frapper sur les touches, je joue les rythmes MG, puis MD puis ME. Cela permet de bien se pénétrer du rythme et respecter au mieux la pulsation. Cela se fait n’importe où sauf sur le (les touches du)piano…

    La lecture du site de Fnor a le mérite de développer une partie de ces concepts et d’apporter un éclairage nouveau sur d’autres manières (intelligentes) de pratiquer.

    Une autre question que je me suis posée :
    – est-il utile de savoir lire couramment les notes ?
    – est-il utile de lire 120 notes à la minute en clef de Fa ou en clef de Sol ?
    – par rapport à la méthode CHANG, répéter une centaine de fois des morceaux de partition, n’est-ce pas excessif ?
    Cela en écho à ma (très sympathique) prof privée qui m’orientait dans cette voie… Je vais tâcher de trouver une page du site plus appropriée pour répondre à ces questions que je me pose…

    DE PLUS, l’ouvrage de CHANG m’apporte un éclairage de réconfort par rapport à ma jeune expérience de pianiste :
    – quand je connais bien la pièce, devant la partition, je ne sais pas trop quelle notes je joue… la partition paraît plus un « paysage » connu qui m’aide à savoir où j’en suis, mais dont les détails particuliers m’échappent un peu…
    – à force de fréquenter la même pièce, j’ai comme l’impression que ma mémoire joue un rôle bien plus important que mes compétences à lire les notes…
    – pour les « vieilles » pièces que j’ai apprises, j’ai l’impression que les doigts se guident tout seul, regrettant presque de ne pas avoir à lire une portée jusqu’à me demander : suis-je normal docteur ?…
    Et bien je crois que c’est ce qui arrive à tout instrumentiste qui maîtrise bien son travail à l’image des musiciens qui ont appris d’oreille sans jamais rien connaître à la lecture des partitions. Ce qui prouve que la naturel humain peut arriver à des résultats équivalents en passant par d’autres voies tout aussi respectable, et c’est finalament ce qui compte).

    A bientôt sur une autre page de ce site.

    Merci pour ceux qui m’auront lu et bravo à Cedric / Luc

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    • Fnor

      Merci pour ce retour Luc !

      Le livre de Chang peut effectivement apporter beaucoup.

  5. fovet

    bravo à vous je suis débutant et ces informations sont très précieuses mais je suis toujours à la recherche du meilleur ouvrage ( pour débutant ) méthode BELA BARTOK ?? peut-être en tout cas merci .

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  6. Xavier

    Bonjour et merci,

    Ces avis m’ont donné envie de découvrir les recommandations de Chuan Chang, j’ai donc lu son livre. J’ai eu beaucoup de mal, non seulement le texte est très mal écrit, mais l’auteur est arrogant. Il annonce en préambule que son livre est le meilleur jamais écrit… et vante trop les mérites de sa super méthode. C’est assez choquant, et je m’étonne surtout pour le reste.
    Je n’ai pas été convaincu par certaines approches, et la simplicité de certains conseils.
    Le plus inquiétant est au niveau de la musicalité, je ne retrouve pas certains basics.
    Chuan demande de toujours jouer un petit bout d’un passage précédent avant de travailler le suivant. C’est le contraire qu’il faut faire. Au conservatoire on m’a toujours recommandé de travailler par phrases musicales. C’est un principe basique pour développer une bonne interprétation.
    Puis le but est justement de savoir se passer de travailler les transitions, d’arriver à jouer sans avoir besoin de ça pour gagner du temps. Les étapes pour y parvenir ne sont pas dans le livre.
    Trop de basics non respectés à mon goût. Trop cliché sur d’autres lignes.
    Les passages sur la mémoires sont intéressants par contre.
    Je ne recommanderai surtout pas ce livre à un débutant.

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    • Fnor

      Bonjour Xavier,

      Je suis d’accord avec toi sur plusieurs points, notamment la qualité de l’écriture qui laisse parfois à désirer la façon dont il sur-vante sa méthode. Sur le point particulier de la séparation en passages et l’inclusion des la fin du passage précédent, je suis par contre plutôt de son avis. Cela aide à ne pas travailler tous les passages isolément mais comme un tout.

      Comme toi, je ne recommanderais pas ce livre à un débutant, mais il a le mérite d’être gratuit et de pousser à la réflexion sur son propre apprentissage. Je pense qu’il faut pouvoir prendre du recul — décider ce qui est bon de ce qui l’est moins pour soi — afin d’en tirer profit. Personnellement je l’ai découvert après trois ans de cours, alors que je changeais de prof et j’ai apprécié de trouver un autre point de vue (que je pouvais comparer avec ce que je connaissais de mes deux profs).

    • Fnor

      Effectivement, c’est modifié. Merci !

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