Si vous avez déjà joué devant un public – que ce soit votre professeur, la famille, des amis voire des inconnus – vous avez probablement déjà eu ce problème : des choses qui vous semblaient très bien acquises chez vous se décomposent quand vous jouez en public. Pourquoi ? On va essayer de voir ça…

 

Travailler ou interpréter

Quand on travaille seul face à son piano, on se concentre généralement sur les notes et les rythmes : on connait le morceau, et on veut arriver à la jouer. C’est avant tout un problème technique que le travail peut surmonter.

On pourrait dire que notes et rythmes sont à un morceau ce que briques et ciment sont à une maison.

Quand on interprète un morceau pour quelqu’un, on veut y mettre des nuances, des formes, du volume, accentuer les passages « sentimentaux »… bref, s’approprier le morceau !

On pourrait dire que c’est la décoration de la maison, l’aménagement des pièces.

 

On oublie trop souvent de penser à l’interprétation

peur de jouer en public

Des problèmes pour jouer en public ?

Le problème, c’est que seul chez nous, on a tendance à se mettre en « mode travail » (notes et rythmes) uniquement. « Les nuances ne sont pas top ? C’est pas grave, je sais que je les mettrai plus tard… », « J’ai fait une petite faute ? Je peux recommencer le passage, ça ne gênera personne… », etc.

Evidemment, ça ne va pas marcher quand vous voudrez le montrer à quelqu’un. C’est comme si vous faisiez visiter une maison vide à quelqu’un. Vous aurez beau essayer de combler à la dernière minute, sans déco ça ne sera pas fameux.

Pour le morceau c’est pareil : c’est souvent quand quelqu’un d’autre écoute que l’on commence nous-mêmes à écouter ce que l’on joue. Ça ne nous plaît pas toujours, on essaie de rectifier le tir et ça finit souvent en catastrophe. C’est sûr, improviser cela sur le moment n’est pas simple !

 

Le remède ?

Pensez à vous mettre en « mode interprétation » de temps en temps ! Cela comprend deux choses :

  1. Penser aux nuances et phrasés en les marquant bien, voir en les exagérant, pour l’exercice.
  2. Ne pas s’arrêter : quoi qu’il arrive continuer coûte que coûte. Bien souvent le public ne remarque même pas l’erreur, c’est parce que le pianiste s’arrête qu’on sait que ce n’était pas bon quelque part (et si on l’a remarqué, on oublie vite ;)).

Pensez vraiment à alterner ces deux modes « travail » et « interprétation ».

 

Mode travail : prévoyez le terrain

Attention ! Je n’ai pas dit que quand on était en « mode travail » on devait totalement oublier les nuances et phrasés ! Le principe est qu’on ne doit jamais les oublier, puisque c’est le coeur de la musique.

Mettre le feu au public

Vous allez pouvoir mettre le feu au public !

C’est comme votre maison : vous aller commencer par poser briques et ciment, mais vous avez une idée de ce que vous voulez à la fin (nombre de pièces, leurs fonctions, …) et vous allez construire en circonstance.
Donc ne vous concentrez pas à fond sur les nuances et phrasés quand vous avez déjà du mal avec les notes et les rythmes, mais ne les oubliez pas complètement.

Et l’idéal est d’apprendre le morceau en petites parties, en travaillant directement les nuances et phrasés dès qu’une partie est acquise technique !

 

Et le reste…

Bien évidemment cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’effet de trac ou d’effet « nouveau piano » (lorsque vous ne jouez pas sur le votre) devant un public, mais ces excuses ont parfois bon dos. Ce n’est certainement pas les seuls facteurs à entrer en jeu.

Essayez d’appliquer ceci et vous verrez ;)