Comment réussir les grands déplacements

Au piano, lorsqu’on joue des notes conjointes on peut se repérer sur le clavier par rapport aux autres notes. Par contre, lors de grands déplacements on perd ces repères. Voici deux techniques pour réussir vos grands déplacements !

I) Utilisez vos yeux

Faites attention où vous mettez les p̶i̶e̶d̶s̶ mains. Vos yeux sont une aide vraiment efficace pour cela. Lorsque vous regardez les touches que vous voulez jouer, vous avez très peu de chance de les rater.

Le problème, c’est que vos yeux ont tendance à suivre vos mains. Et lorsque vient le moment de faire le déplacement il est trop tard, ils ne sont pas assez rapides.

Grand déplacement au piano

Et on fait le grand écart !

La bonne technique

Il faut travailler pour que vos yeux aillent au devant de vos mains. Lorsque votre main a pris la dernière position avant le déplacement, il faut que vos yeux lâchent la main et la laisse actionner les derniers doigts pendant qu’eux font déjà le grand déplacement.

De cette manière vous verrez les touches visées et aurez peu de chance de les rater. Essayez, vous verrez.

Les défauts

Bien sûr, une technique aussi simple a des défauts : vos yeux ne sont pas toujours disponibles. Si vous lisez la partition en même temps ou que les deux mains doivent faire des grands déplacements, cette technique ne suffira pas. C’est pourquoi nous allons en voir une autre.

II) La technique qui marche toujours

Cette technique demande plus d’efforts car elle est plus longue, mais elle marche toujours. Et plus vous la pratiquerez, plus vous aurez des résultats rapidement.

Pour que cette technique marche il est important que vous travaillez mains séparées et sans vous souciez du rythme. Considérez que tous les accords sont des noires, au moins dans un premier temps.

1) Habituer vos mains aux formes des accords

Si vous n’avez qu’une seule note à jouer c’est simple, mais bien souvent ce sont des accords que vous devrez jouer. Avant d’envisager les déplacements il faut être sûr qu’une fois au bon endroit votre main saura quoi faire.

Placez ses doigts grand déplacement

Placez vos doigts correctement

Tout d’abord assurez-vous que vous connaissez la bonne position, et les doigts que vous utiliserez. Ca doit toujours être les mêmes, pas « ceux qui tombent au bon endroit ». Très souvent ce sont les mêmes forment qui reviennent. Plus vous jouerez, plus vous vous y habituerez vite ;)

Enfin il faut s’assurer que votre main peut prendre cette position rapidement. Pour cela je vous conseille un petit exercice : soulevez votre main de quelques dizaines de centimètres, fermez le point, puis faites tomber votre main sur le clavier en jouant l’accord.

Faites cela jusqu’à ce que vous y arriviez sans peine, car c’est une bonne partie du travail.

2) Travailler un déplacement

On peut maintenant travailler le déplacement. Pour cela jouer le premier accord, puis déplacez-vous le plus vite possible vers la position suivante, sans jouer les notes, posez simplement vos doigts sur les touches.

Si vos doigts sont au bon endroit et que votre main est détendue vous pouvez alors jouer les notes, sinon vous recommencez.

Pourquoi ne pas jouer les notes tout de suite ? Ce serait brûler les étapes : trop content d’avoir attrapé les bonnes notes vous n’accorderiez aucune importance au son produit et à la tension dans votre main. Travaillons une seule chose à la fois.

Grand déplacement : travailler mains séparées

Une main à la fois !

Si vous avez plusieurs déplacements, travaillez-les d’abord deux à deux. Si cela marche vous pouvez tenter de les enchaîner : jouer le premier accord et déplacez-vous vers le second. Si la position est bonne jouez-le et déplacez-vous vers le troisième, etc. Attention, tout ça toujours sans se soucier du rythme !

3) Travailler le son lors du déplacement

Vous pouvez maintenant vous déplacer tout en jouant. D’abord avec des accords deux par deux, puis vous pouvez les enchaîner.

Rappelez-vous : on joue toujours des noires, le rythme c’est la prochaine étape.

4) Enchaîner les déplacements en rythme

Vous avez l’habitude maintenant, commencez par les travailler en rythme deux par deux, puis par temps, deux temps, par mesure… L’important ici est de respecter la construction de la partition.

Ecoutez bien le son que vous produisez, c’est au moins aussi important que de toucher les bonnes notes ;)

5) Jouer aux deux mains

Vous êtes arrivé jusqu’ici ? Bravo !

La plus grand difficulté à ce stade est que vous ne pourrez peut-être plus regarder votre main, mais les exercices faits jusqu’ici devraient vous aider à « sentir » la déplacement.

Une dernier conseil

Cette technique, bien que très efficace, peut demander un bon moment pour maîtriser un passage, et pendant ce temps vous ne faites travailler qu’une main…

Je vous conseille de trouver un passage à travailler à l’autre main – soit ce que doit jouer l’autre main, soit un tout autre passage – afin de pouvoir changer de main toutes les quelques minutes, quand la main en cours commence à fatiguer.

Cela vous fera gagner du temps, une main alerte apprend mieux ;)

5 commentaires

  1. glenn

    Tout cela est bien vrai. Un conseil quant à comment rester détendu.
    Pour garder la détente, il faut comprendre le mouvement dans son ensemble. Ces déplacements qui se suivent ne sont pas indépendants. Se servir d’appuis et de rebonds et lisser les mouvements dans un plus grand mouvement d’ensemble évite de se battre contre les déplacements. Danser avec la musique plutôt que de se déplacer, étudier les gestes comme une chorégraphie.

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  2. Sennar

    Article très intéressant et vrai au niveau des conseils. C’est très bien cette attention que tu recommandes par rapport au son recherché.
    Mais je tiens à préciser que c’est exactement comme taper sur un clavier d’ordi : avec la pratique, j’y arrive sans faire trop de fautes et sans regarder mes mains, car je connais le clavier et je « ressens » les déplacements.
    Sur un clavier, c’est pareil. Le meilleur exercice est la pratique, pour moi ces « déplacements » se font tout seuls selon la difficulté du morceau. Le tout est de choisir de travailler des morceaux de niveau adapté : au-dessus du sien afin de progresser, mais pas trop pour que le cerveau assimile tout et qu’il y ait un vrai travail en profondeur.

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  3. fanni

    dans ma pratique personnelle j ai constaté que dans les grands déplacement et même les moins grands ,il faut faire preuve d’ anticipation du geste .C’est à dire que la main doit déjà se diriger vers sa position le plus tôt possible après avoir joué la note ou l’ accord précédent.De cette façon on évite d’ avoir un phrasé saccadé et décousu .Ce principe doit être appliqué également lors de la lecture des notes .C’est aussi comme ça que j’ ai appris à lire lorsque j étais enfant grâce au conseil de mon père et je suis vite devenu le meilleur lecteur de la classe.Je constatais que les autres qui ne suivaient pas cette manière de faire avaient une lecture hachée, saccadée, sans fluidité et hésitante et il en est de même pour la musique.Maintenant je constate que des pianistes réussissent de grands déplacements sans même regarder leur main …il ont un instinct sûr…Quand j’ étais enfant j’ avais aussi cet instinct du positionnement aveugle ..devenu adulte je ne l’ ai plus …ce qui était évident pour l’ enfant que j’ étais, ne l’ est plus pour l’adulte que je suis…j’ en conclus que la musique est plus facile à assimiler lorsqu’ on possède le coeur pur et l’ instinct sûr de l enfant …

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  4. gigi au piano

    Pour les déplacements, j’essaye de ne pas regarder les mains du tout. Bon, pour l’instant, je ne fais pas encore de « grands » déplacements, mais ça viendra. Même pour les petits déplacements, c’est utile de « mémoriser dans les mains », afin de toujours garder un oeil sur la partition, au lieu de se concentrer sur ce que font les mains…
    Par analogie, quand on conduit, on ne regarde pas ses pieds, mais la route. :)

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  5. benoit

    bonjour,

    je débute le piano, mais j ai derrière moi quelques années d’un instrument ou l’on joue en aveugle, j ai nommé l accordéon.
    le regard sur le clavier du piano est facile, mais… il peut être un handicap au niveau de la musicalité.
    Je travaille plus facilement sur la mémoire proprioceptive ( mémoire des muscles et des tendons et ligaments), acquisition induite par l’accordéon ou les sauts sont nombreux ( du moins sur certaines pièces).
    de plus je joue les yeux fermés….
    Il faut travailler très lentement le déplacement.
    Une technique consiste lors de la mise en place à placer un bref silence entre l’accord de départ et l’accord d’arrivée, et de déplacer la main dans ce silence, en amplifiant le geste de levé de la main.
    exemple: accords en noire à 120 à la noire, je travaille à 120 à la croche (60 à la noire),entre l’accord de départ et d’arrivée je compte un demi-soupir qui me sert à déplacer la main, sans regarder le clavier.
    une fois la précision acquise à ce tempo, ce demi soupir disparaitra dans l’interprétation finale.
    Il faut juste faire confiance à sa mémoire « physique » du bras et de la main.
    De l’anticipation du déplacement: j’adhère, l’idéal étant d’avoir une « image mentale » du point d’arrivée avant de commencer le déplacement.

    Quand à lire la partition ? certes pour apprendre la pièce, mais dés cette étape j’essaye de mémoriser le plus vite possible pour ne rester concentré que sur la musique et l’interprétation.

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