Sonate au Clair de Lune de Beethoven

La Sonate au Clair de Lune est l’une des sonates les plus connues de Beethoven. Son premier mouvement est particulièrement apprécié, et beaucoup de débutants s’y essayent  (parfois trop prématurément, elle n’est pas si simple…).

Cependant, c’est du 3ème mouvement que je vais vous parler. Ce que je vous propose n’est pas de découvrir ce morceau, car il est tellement connu que vous l’avez probablement entendu de nombreuses fois, mais d’en écouter plusieurs interprétations comme je vous le conseille.

J’ai choisi pour vous les interprétations de trois des plus grands pianistes du XXème siècle : Alfred Brendel, Wilhelm Kempff et Glenn Gould.

Souvent on écoute un morceau sans s’intéresser à l’interprète, alors que cela a toute son importance ! Prêtez-vous au jeu et vous verrez que c’est vrai :)

Alfred Brendel

Wilhelm Kempff

Glenn Gould

Et vous ?

Comme je l’ai dit dans l’article mentionné, il est fort probable que vous aimiez plus une interprétation qu’une autre. Dans mon cas je n’aime pas celle de Gould mais celle de Brendel me laisse sans voix.

Si j’avais le niveau nécessaire pour jouer ce morceau mon interprétation se rapprocherait fortement de celle de Brendel, et vous ? :)

Edit : on m’a suggéré dans les commentaires l’interprétation de Daniel Barenboim, et après écoute je pense effectivement qu’elle vaut le détour, merci Snoopy !

Edit 2 : je viens de découvrir l’interprétation de Valentina Lisitsa, et je suis époustouflé par sa performance sur cette sonate, c’est elle ma préférée !

26 commentaires

  1. Kyraan

    Bonsoir. Je partage ton avis sur l’interprétation de Glenn Gould, que je trouve un peu trop précipitée.
    Je me demandais : est-ce que poster des audios/vidéos de morceaux que tu travailles fait partie de tes objectifs ou pas ?

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    • Fnor

      Non, je ne prévois pas de poster mes interprétations, du moins pas de but en blanc.
      Par contre Il est possible qu’afin d’illustrer un morceau je m’enregistre et que j’ajoute l’enregistrement à l’article (mais il s’agirait probablement d’un extrait).

      Si je publie un jour mes interprétations – ce qui n’est pas exclu mais n’est pas prévu actuellement – je le ferais plutôt sur un blog annexe, plus personnel, afin de ne pas dénaturer la nature du site tel qu’il est actuellement. A savoir partager mes connaissances et non pas montrer ce que je sais faire (sans rien donner pour permettre aux autres d’y arriver).

  2. Snoopy

    Bonjour Fnor,

    effectivement, la version de Gould est vraiment jouée trop rapidement et de façon brouillone. J’ai également écouté le premier mouvement (le fameux « Clair de lune ») et la différence est encore plus flagrante. Gould, sorti de Bach et éventuellement Mozart, n’était pas un bon interprête du répertoire romantique. Il le reconnaissait lui même et vouait peu de déférence à la musique de Chopin par exemple.

    La version de Brendel, je la trouve ciselé mais trop « propre ». Ca manque de souffle épique, de « romantisme ». Souffle qu’on retrouve plus dans l’interprêtation de Kempf, qui pêche cependant par quelques fausses notes.

    La version que je préfère est celle de Daniel Baremboim. Je vous invite à l’écouter ici : http://www.youtube.com/watch?v=E10K73GvCKU&playnext=1&list=PLCC72C60D82D20AE2&index=15

    Fnor, je pense que c’est une bonne idée de l’inclure dans l’article. Ce concert était vraiment exceptionnel, l’interprêtation est magistrale, profonde, lumineuse, passionnée. Les mots ne peuvent décrire ce que je ressens à son écoute.

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    • Fnor

      Effectivement je pense que l’interprétation vaut la peine, je l’ai rajoutée. Merci ;)

  3. Fnor

    Je viens de découvrir l’interprétation de Valentina Lisitsa, et je l’ai rajouté en fin d’article. Elle est brillante quel que soit le répertoire, mais son interprétation de cette sonate m’émeut particulièrement.

    C’est assurément ma version préférée :)

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  4. Mimie

    Waouh la version de Valentina !!! époustouflante en effet ! Mais je pense que la qualité du son joue pour beaucoup aussi, elle a un son très brillant là où tous les autres ont un son plus feutré …

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  5. Bodo

    J’ai toujours admiré Valentina Lisitsa mais cette vidéo montre à quelle point elle a des doigts de fée !
    En revanche, je trouve l’interprétation de Glenn Gould beaucoup trop précipitée et peu scrupuleuse des indications sur la partition … Bah ! On ne peut pas briller dans tous les styles.

    A bien réfléchir, je pense que mon interprétation serait plutôt du genre de celle de Brendel. (Un peu moins académique certes, mais s’en approchant tout de même)
    Merci pour ce moment musical :)

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  6. Muller

    J’ai le devoir de vous signaler que la plupart de ces pianistes perpétuent la tradition du grand jeu solo pianistique romantique où l’interprète prend beaucoup plus de place que le compositeur et se sert des morceaux d’autrui pour briller! Ici, la plupart de ces pianistes montrent leur peu d’intérêt pour ce qu’a pensé le compositeur! Ce troisième mouvement a été conçu en quatre temps alors qu’ils le jouent en deux avec comme unité de temps la blanche. C’est là une haute trahison!
    J’aimerais qu’enfin les pianistes arrivent à mieux décrypter les créations d’autrui, tout simplement en apprenant à bien lire la partition!

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  7. Fabrice

    @Muller
    A ce sujet, Gounod identifie l’une des plus dangereuses tendances de l’effort artistique à « la recherche de l’effet » : « Quand vous verrez un artiste inquiet de l’effet que fera son oeuvre, tenez pour certain que ce qu’il aime n’est point son art, mais sa personne: c’est un glorieux! ».
    (Jugement un peu dur, quand même …)

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  8. Philippe

    @Muller
    je suis tout à fait d’accord avec vous. Ce morceau renferme une vitesse intrinsèque qui est malheureusement trop souvent éclipsée par la rapidité du virtuose. Or, il ne faut pas confondre vitesse et rapidité: la vitesse – qui n’a rien à voir avec le tempo – c’est emporter l’auditeur à un rythme qui dépasse son inertie, lui faire traverser d’immense espace de sensibilité en très peu de temps, ce que savait faire Beethoven peu importe le tempo. De plus, la surdité de l’auteur à nécessairement eu une influence sur sa perception de la vélocité.

    Par ailleurs, en ce qui concerne l’interpretation ridicule de Gould, je voudrais rappeler ici que ce dernier méprisait Beethoven – qu’il considérait comme un compositeur grossier et populiste. Son interpretation du 3e mouvement de cette sonate ( en moins de 5 minutes! ) confirme le peu de respect qu’il accordait à l’oeuvre et son compositeur et je suis toujours étonné qu’on y fasse référence.

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  9. Sennar

    Valentina Lisitsa est clairement ma préférée… je ne sais pas quoi dire, sinon que ne peux rien lui reprocher : pas trop précipitée comme Gould, respectant parfaitement le tempo alors que Brendel se laisse un peu plus aller si je me souviens bien (j’avoue que je ne l’ai pas réécouté, pardonnez-moi si je dis des bêtises), et elle le joue plus… passionnément que Barenboim, qui est mon deuxième dans l’ordre de préférence.

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  10. Francesco

    Bonjour,

    Je n’y connais pas des masses en musique.
    Quels sont les critères qu’un pianiste dispose pour interpréter une partition selon sa sensibilité ?
    D’après ces vidéos, il me semble qu’il y a la vitesse, la force (et les nuances), probablement le choix du piano aussi. Quoi d’autres ?

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  11. Nina

    Ce morceau me donne toujours plein d’emotion il est magnifique. je préfère l’interpretation de valentina lisitsa. Cette pianiste est vraiment doué!

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  12. Pierre

    @Muller et Philippe Tout à fait d’accord .La sonate au clair de lune est LE détecteur de mensonges du pianiste et fait la différence entre celui qui récite avec déférence un « chef d’oeuvre de la musique classique et en plus difficile » (mortel) et celui qui raconte une histoire profondément humaine qui vie et palpite (‘passionnant) .Dans la deuxième catégorie,une interprétation que je trouve bouleversante du début à la fin et qui vient de paraitre sur le net, celle de V.Dimitrov Davenci :
    http://youtu.be/8nKWYrcE6Kg
    A rapprocher de celle d’Emil Gilels
    A signaler du même pianiste une merveilleuse sonate de Liszt .

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  13. Wlady

    Gould le joue plus vite que les autres, mais c’est celui qui se rapproche le plus du tempo donné sur ma partition (88 à la blanche)… je trouve que le mouvement est plus joli un peu plus lent.
    Je suis d’ailleurs étonné de ce tempo. Beethoven disait que les pianistes avaient tendance à jouer sa musique trop vite et qu’il ne la reconnaissait pas. Pourtant, le temps indiqué est extrêmement rapide.
    Quel tempo avez-vous sur votre partition?

    PS : je n’ai pas bien suivi le commentaire avec les 2 temps. Je n’arrive pas à distinguer pourquoi tu penses qu’ils le jouent en 2 temps au lieu des quatre écrits. Pourrais-tu expliquer ?

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  14. Pierre

    @Wlady
    En effet le tempo adopté par la plupart des pianistes « virtuoses » est beaucoup trop rapide,si bien qu’on ne comprend rien à l’oeuvre interprétée .
    Je suis persuadé que pour toute musique il y a un tempo idéal qui nous fait vibrer « par sympathie » pour prendre une comparaison dans le domaine acoustique .Or trop souvent le morceau sert de prétexte aux pianistes pour faire étalage de leur virtuosité au détriment du compositeur .Même une très grande pianiste comme Lisitsa tombe dans ce travers (et prend des libertés injustifiables jusqu’à trahir le texte et jouer par exemple la descente de la mesure 10 comme la montée de la 9 et remet çà à la 12 … ) Pour la sensation de pulsation à 2 temps au lieu de 4 comme indiqué dans la partition, tout vient encore du tempo beaucoup trop rapide adopté par les « virtuoses » qui leur fait gommer accents,nuances,changements d’harmonies,de tempi,respirations … Au final un jeu totalement désincarné,mécanique et froid où ne surnage qu’une impression de virtuosité .De quoi vous dégouter de la musique « classique ».
    La partition originale ne comportait d’ailleurs pas d’indication métronomique :

    http://www.beethoven-haus-bonn.de/sixcms/detail.php?id=15248&template=dokseite_digitales_archiv_en&_eid=1510&_ug=Pieces%20for%20two%20hands&_werkid=27&_dokid=T00011830&_opus=op.%2027&_mid=Works%20by%20Ludwig%20van%20Beethoven&suchparameter=&_sucheinstieg=&_seite=1

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  15. lina

    valentina joue toujours chopin super bien (ces études surtout) . Elle est une très bonne interprète de Chopin !!!! N’est-ce pas ?

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  16. Pierre

    @lina
    Valentina peut tout jouer ,avec une technique prodigieuse qui peut prendre parfois le dessus sur la musique .Et l’entrainer dans des tempi improbables ( inimaginables par exemple sur un piano forte de l’époque de Beethoven à la mécanique encore peu fiable …) Mis à part ce travers, c’est une magnifique pianiste et une très grande artiste .

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  17. pierre

    @lina
    Sauf que Beethoven lui n’est pas un romantique. C’est là toute la difficulté de l’interprétation qui doit faire ressortir la beauté de cette musique, extraordinairement construite et hors temps, sans chercher à séduire par un certain sentimentalisme et un jeu passionné propre au romantisme . Je chante faux,mais j’entends juste disait Jean de la Lune dans la pièce d’Achard .Il me semble que Beethoven lui entend faux ,mais chante juste et c’est cette étrangeté d’un musicien sourd qu’on ressent dans sa musique .Une musique qui parle à l’esprit plus qu’à l’oreille ,qu’on admire comme une belle architecture, une sculpture ou un raisonnement philosophique .L’interprétation de Valentina Lisitsa,certes brillante, est en ce sens un anachronisme et une faute de style .

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  18. Norie

    j’adore cette musique. l’interprétation que je préfère est celle de Kempff. c’est celle qui me touche. je connais Valentina Lisitsa mais pour moi elle joue trop rapidement cette chanson. enfin disons que ça ne me fait rien quand j’écoute sa chanson.
    par contre, oui elle joue vite… mais bon la vitesse ne fait pas tout en musique. (mais je l’ai déjà vu interprété d’autres musiques où c’était géant mais je n’ai plus les musiques en tête).

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  19. Philippe

    @Wlady: le métronome n’existant pas du temps de l’édition de cette sonate (1801/1802), dépôt du brevet du métronome: 1816 (et je ne parle pas du début de son utilisation…) il n’y a pas d’indication métronomique sur les sonates de Beethoven… pour ma part, dans l’édition sur laquelle j’ai appris cette sonate, le tempo est de 144 à la noire (72 à la blanche pour être exact..) et d’ailleurs je rebondis sur le commentaire de Muller qui dit qu’il n’est pas normal qu’on phrase ce 3eme mouvement à la blanche… mais l’écriture même du 3e mouvement (et notamment dans sa version original (édition 1802 disponible sur IMSLP), contemporaine à Beethoven, suggère et valide même très clairement cette interprétation… il reste toujours cette ambiguïté sur la mesure 4/4: est-ce 1 temps fort et 3 temps faibles? ou un temps fort, un temps faible, un temps fort et un temps faible? cette question n’est même pas tranchée semble t’il … Enfin, dans ce troisième mouvement, Beethoven a clairement fait son choix..

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  20. tibo

    En effet, tu as raison, Valentina Lisitsa est impresionnante… Et pas seulement sur cette sonate… Elle fait preuve d une sensibilite exceptionnelle et je conseille aux visiteurs d’aller la voir, je l’ai vu deux fois a Hannovre ou elle avait interprete chopin et une fois a Berlin jouant schubert. Elle est geniale et c est une des artistes que j ai vu qui transmet le mieux lorsqu elle est derriere son piano !

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  21. TOOLRULES

    Meilleurs enregistrements selon moi :
    – Emil Gilels
    – Rudolf Serkin
    – Yves Nat
    – Stephen Kovacevich
    – Sviatoslav Richter

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